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AFP news du 30 Sept 2010 :

Le musicien nigérian Femi Kuti, fils de la légende de l'afrobeat Fela Kuti, livre ses impressions sur le Nigeria qui marquera le cinquantenaire de son indépendance le 1er octobre, depuis son antre, le New Afrika Shrine, gigantesque salle de concert à Lagos. Selon l'artiste qui s'inscrit dans la lutte contre la corruption et les injustices sociales, il n'y a pas grand choses à célébrer. Mais la musique reste un espoir et une arme contre les maux de la société qu'il dénonce inlassablement.
Reportage de Sophie Mongalvy et Susan Njanji. Durée: 01:07 ici :
http://minu.me/34dg

FEMI KUTI sera à Paris en showcase promo le :
11 DÉCEMBRE EN CONCERT À L'ALHAMBRA
Rencontre / interview possible sur place le jour du concert
LE 13 DÉCEMBRE À PARIS EN JOURNÉE PROMO
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Biographie :
Ceux qui ont suivi sa carrière et connaissent sa musique le savent : Femi Kuti ne s’est jamais contenté d’être le fils du roi.
Après s’être émancipé du giron paternel en 85 pour créer un groupe indépendant, The Positive Force, il s’est appliqué à trouver sa propre voix. Il est devenu, depuis les années 90, un artiste à part entière au style singulier et nuancé.
Sa discographie témoigne du chemin parcouru : après une courte expérience chez Motown, il embrasse la tradition afrobeat avec un premier album international en 1998 « Shoki Shoki», avant de se frotter au modernisme urbain de ses cousins américains, Mos Def ou Common sur l’album « Fight To Win ». Puis il revient à Lagos pour ériger un nouveau Shrine et publier un projet « live » démentiel, un concert enregistré sur le vif dans sa propre salle. « Live at the Shrine » (chez MK2 en 2004). Enfin, en 2008, il confectionne à Paris un vrai disque de studio, unanimement plébiscité comme son meilleur album « Day By Day ». Que lui restait-il donc aujourd’hui à accomplir?
Pour boucler la boucle, Femi a voulu revenir à la source, à l’origine de ce souffle brûlant qui transcende toute son œuvre, c’est-à-dire dans le studio où il avait réalisé ses premières sessions avec son père puis son premier album solo. Le studio Decca, devenu ensuite celui du label Afrodisia dans les années 70, fut le laboratoire de plusieurs chefs d’œuvres nigérians de l’époque, outre ceux de Fela. « C’est un lieu historiquement très important pour l’afrobeat, et l’endroit dégage des vibrations mystiques auxquelles Femi n’est pas insensible. » déclare son éternel compagnon de route, le réalisateur parisien Sodi qui a fait le voyage jusqu’à Lagos pour l’occasion.
« On savait que le studio était en mauvais état, avec de vieilles tables de mixage, de vieux équipements, on savait que toutes les machines ne fonctionneraient pas, mais on voulait relever le challenge. Car à Lagos, tout est différent. La ville est tellement monstrueuse, que ça influe sur la façon dont les musiciens jouent. L’idée, c’était d’enregistrer le stress de Lagos sans tomber soi-même dans ce stress. » Et Femi d’abonder dans ce sens : « Entre les coupures d’électricité et la climatisation qui ne marchait pas, on a transpiré comme des chiens ! Je faisais semblant de me plaindre à Sodi : « on pourrait être confortablement installé, qu’est ce qu’on fout là ? » C’était de la folie, et c’est ce qu’on voulait. »
Si ce disque est moins minutieusement produit que le précédent, il ne s’agit pas d’une défaillance, mais d’un choix artistique assumé. Ne pas arrondir les angles. Laisser cet afrobeat rugueux sous sa forme la plus pure… « Agressif » est le mot qui revient le plus souvent dans la bouche de Femi, lorsqu’il parle de cet album. On ne s’étonnera donc pas d’y entendre une énergie presque Punk, épicée à l’Africaine ! Ici, les mots s’avèrent en parfaite adéquation avec les notes. Bad Government. Jamais Femi n’a été aussi vindicatif. Jamais ses paroles n’ont été aussi tranchées Nobody Beg. « Mais Jamais la situation de mon peuple n’a été aussi grave» rétorque l'artiste. À la manière de ses idoles des années 60, Coltrane, Parker, Gillespie, son militantisme se teinte parfois d’un jazz de combat sans perdre son intensité. Politics in Africa .
Plus qu’un musicien, le compositeur de 48 ans est devenu un véritable ambassadeur africain, dans le sens le plus noble du terme. L’enregistrement a d’ailleurs été aménagé en fonction de son emploi du temps chargé. Femi était à Johannesburg pour chanter l’Afrique sur les télés du monde entier lors de la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde. Il y chante son tube Beng Beng Beng, et il en profite pour rencontrer quelques héros de la lutte contre l’apartheid. Plus tard, il s’envole pour New York afin d’assister à la fameuse comédie musicale sur Fela qui triomphe actuellement à Broadway. Il est même invité sur scène par les acteurs à la fin du spectacle.« C’est extraordinaire, ils ont vraiment compris le combat de mon père, et son esprit. Il faut que cette pièce fasse le tour du monde, et qu’elle vienne au Shrine. » dit-il spontanément. Verra-t-on Femi porter ce projet à travers le monde ? Peut-être. En attendant, son Shrine continue de vibrer tous les week-ends et d’être l’un des derniers temples vivants de la musique africaine. Erykah Badu, Damon Albarn, Hugh Masekala y ont récemment fait leur apparition, ainsi que tous les flics de Lagos qui espèrent toujours l’obliger à fermer ce lieu de résistance et organisent des rafles régulières pour effrayer son public. Pour le dixième anniversaire du Shrine prévu cet hiver, Femi y prépare un festival d’anthologie. Après la célébration, il trouvera, début 2011, quelques mois pour défendre ce nouvel album sur scène.
AFRICA FOR AFRICA
NOUVEL ALBUM (Label Maison / Pias)
LE 8 NOVEMBRE 2010
Ils en parlent :

Concerts à venir :
11/12 L’ALHAMBRA - PARIS (75)
